L’Egypte : ce fut pas un amour de vacances

J’ai visité l’Égypte en mai 2010, soit environ un an avant le Printemps arabe. Arrivée à l’aéroport du Caire à 5 heures du matin, un ami égyptien (que j’avais rencontré l’été précédent dans une auberge de jeunesse à Londres) et deux amis à lui, qui m’ont d’ailleurs hébergées, m’attendent.

C’est ça les pyramides d’Égypte ?

Le premier jour, mes amis m’emmènent visiter le musée du Caire et les pyramides de Gizeh. Mes amis tentent de me faire passer pour une Égyptienne (les billets sont beaucoup moins chers pour les autochtones), mais fonctionne pas (blonde ou châtain selon les opinions et avec des yeux bleus, je ne ressemble vraiment pas à une Égyptienne. Que dire ? Le musée du Caire est intéressant, mais je n’en garde plus vraiment de souvenirs précis. Il faut dire que, vivant à Londres je peux aisément voir des artefacts égyptiens au British Museum. Quant aux pyramides de Gizeh, c’est bien sûr impressionnant qu’elles soient toujours debout. Cependant, peut-être à cause du harcèlement des vendeurs ambulants qu’heureusement mes amis envoient balader en arabe ou peut-être parce que c’est un monument tellement mythique et tellement vu et revu à la télé, elles me déçoivent. Par ailleurs, ma tentative d’effectuer des photos amusantes, du style je porte les pyramides d’Égypte du bout de mon index, se solde par un échec cuisant. Un jour, il faudra que quelqu’un me donne l’astuce.

Un bout de peau qui cause une controverse

Le soir, nous retrouvons une Polonaise avec qui j’avais partagé une chambre dans une auberge de jeunesse à Londres et qui étudiait à l’Université Internationale du Caire. Il s’agit du quartier international du Caire. C’est lâ que les expats se retrouvent et on me dit que l’on peut voir des jeunes couples se tenant par la main – ce qui est impensable dans le reste de la ville. Je me fais pourtant engueulée (ou plutôt mes amis se font engueulés pour moi) parce que mon t-shirt remonte un peu lorsque je m’assoie et que l’on voit le bas de mon dos (je dis bien mon dos, pas mes sous-vêtements !).

Au cœur de la culture égyptienne

Le deuxième jour, rejoint par une amie de mes amis, nous nous promenons au souk. Les vendeurs sont tellement insistants que cela me fait fuit au lieu de me donner envie d’acheter. Ensuite, nous allons dans une mosquée. Les hommes et les femmes étant séparés dans les lieux de prières, j’entre donc avec la fille. J’avais mis mon foulard sur la tête, ce qui, je crois, a beaucoup touché les femmes qui priaient à l’intérieur. En parlant de foulard, c’est assez amusant, car si la plupart des filles le porte, elles sont également très maquillées. Côté vêtements, beaucoup de robes portées au-dessus d’un jean et d’un sous-pull. Il y avait d’ailleurs une véritable fossé entre ce que les Égyptiens se permettaient chez eux (surtout les jeunes) et leur attitude dans la rue. Sans imaginer ce qui allait se passer l’année suivante, on pouvait ressentir une tension palpable et un malaise silencieux. Le soir, ma nouvelle amie me propose de passer la nuit dans sa famille. Leur appartement se trouve dans un bâtiment qui ne paie pas de mine de l’extérieur, mais qui est absolument somptueux à l’intérieur. Il faut dire que le père est un ancien joueur de foot professionnel (il a d’ailleurs joué en France). La mère porte la burqa et me propose d’ailleurs d’essayer son voile ainsi que l’espèce de masque ne laissant qu’un espace pour les yeux. Honnêtement, ce n’est vraiment pas confortable !

Au bord de la mer Rouge

Le lendemain, nous allons faire de lèche-vitrine dans un grand centre commercial, puis le père de ma copine me dépose à l’arrêt de bus pour Hurghada avec un petit encas pour la route et la promesse de le contacter en cas de problème. Il me un truc du genre « j’ai deux filles, mais maintenant avec toi, j’en ai trois ». Très gentil, mais les grandes phrases exagérées comme celle-là me mettent mal à l’aise.

Le trajet en bus se passe bien. Néanmoins, je suis tellement fatiguée en arrivant à Hurghada que je me laisse abordée par un de ces racoleurs qui essaient de te convaincre d’aller dans un hôtel qu’ils connaissent. Je réserve une excursion snorkeling et détente sur une petite île pour le lendemain. Excursion très moyenne et un des membres d’équipage essaie de me draguer (en même temps, je crois que j’étais la seule fille jeune et non accompagnée). La plage n’a rien de spécial et le snorkeling est seulement passable. Par contre, je discute avec un Français sur le bateau sur le prix des hôtels et en rentrant je parviens à faire diviser le prix de ma deuxième nuit par deux.

Visite gâchée des temples de Louxor

Après Hurghada, je continue mon périple en bus vers Louxor. Les temples de Louxor et les vallées des rois et des reines sont bien plus intéressants que les pyramides de Gizeh. Malheureusement, étant à présent sans la protection de mes amis égyptiens, je suis soumise aux sifflets de hommes et au « harcèlement » des taxis, guides et autres vendeurs de rue, qui me proposent leur service même pour rentrer à mon hôtel, distant de 2 minutes à pied. Je tiens à préciser que je ne me suis jamais sentie en danger, simplement ennuyée. J’ai aussi dû négocier fermement sur le prix de différentes choses. Parfois je le faisais simplement parce que la personne en question m’ennuyait. D’ailleurs, s’énerver et envoyez balader les gens fonctionne très bien pour marchander. Par contre, c’est fatigant. Certaines personnes diront que si l’on convertit en euros, en livres sterling ou en dollars, la différence est minime. C’est vrai, mais si j’avais opté pour l’Égypte, c’était aussi parce que c’était une destination bon marché. De plus, je ne supporte pas qu’on essaie d’abuser de moi. D’ailleurs, l’entrée des sites touristiques est déjà grandement majorée. Un vendeur m’a offert une boisson gratuite, puis a essayé de me la faire payer en me disant que c’était une blague. Désolé, Monsieur, nous n’avons pas le même sens de l’humour ! Bref, être traitée comme une portefeuille sur patte m’a empêché d’apprécier réellement mon séjour à Louxor.

Du sud de l’Égypte au nord de l’Égypte

On continue toujours plus au sud en direction d’Assouan. La peau des autochtones devient de plus en plus foncée – on se rapproche du Soudan. Et ceux-ci se déplacent plus généralement à dos de mule qu’en voiture. Là encore, mes souvenirs sont un peu flou. Je fais une croisière sur le Nil avec visite d’un village nubien. Je me fais également faire un tatouage au henné qui ne restera même pas une journée en raison d’un coup de soleil. Après ma visite d’Assouan – je crois y être resté deux jours – j’embarque sur un train de nuit direction Alexandrie. La ville est relativement moderne et occidentalisée, je me sens moins oppressée et sollicitée que dans les autres villes d’Égypte. Je passe la majeure partie de la journée dans la Bibliotheca Alexandrina, une bibliothèque immense construite à l’emplacement de la mythique bibliothèque d’Alexandrie. J’adore les bibliothèques et après dix jours de bruits et de sollicitations, j’apprécie le calme des lieux. Je finis tout de même à en sortir vais me promener le long de la méditerranée. Quelques photos du fort d’Alexandrie, puis retour au Caire pour le vol retour.

Je ne regrette pas mon voyage en Egypte. J’ai tout de même vu des lieux fascinants. De plus, j’ai appris beaucoup de choses sur ma façon de voyager et sur mon seuil de tolérance. Néanmoins, ce n’est pas une destination où je retournerais.

Et vous, vous étiez déjà en Égypte ? Qu’en avez-vous pensé ?

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